Le vent souffle, il souffle, dévalant la montagne,
Un vent venu de l’Ouest, salutaire. Il souffle.
Il souffle, il est aspiré dans la gorge profonde,
Voyageant dans la verte forêt comme dans la plaine majestueuse,
Il apporte avec lui le Renouveau, l’Espoir.
Il souffle au jour de la vie.
Chaque pierre, chaque aspérité rocheuse,
Le brin d’herbe qui se tend vers les cieux,
La fleur s’est à nouveau épanouie,
Dans la vaste prairie, la vie abonde.
Tous sentent la brise bienfaitrice, la rosée vivifiante.
Mais voilà que son élan faiblit, il faiblit,
Ô souffle de vie, mais où vas-tu?
Où vas-tu, Vent d’ouest? Ne m’abandonne pas.
Et alors vient la nuit, terrifiante,
Une nuit de silence m’apportant un vent de pestilence.
Il souffle, il souffle, dans la mort du jour.
Tous souffrent, tous s’amoindrissent,
Dans la verte forêt où rôde une noire terreur,
La fleur de la vallée fertile qui se flétrit,
Le brin d’herbe qui s’est détourné des cieux,
Chaque pierre, chaque aspérité rocheuse.
C’est alors que leur prière muette est entendue,
La montagne s’agite d’un dernier soubresaut.
Voila que d’un terrible coup de Son épée flamboyante,
Le guerrier transperce impitoyablement son ennemie,
Vent d’ouest, souffle de vie, tu souffles!
Tu souffles à la renaissance du jour.
Je suis prisonnier de ma gangue de chair,
Assailli par la peste pestilente, j’aspire à m’en extraire,
Mais qu’y puis-je? Qu’y puis-je?
Ô Vent d’ouest, souffle de vie, souffle! Souffle!
Souffle,
Souffle.
© Raphaël Beaudoin
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